Comment interpréter les résultats
La logique mathématique est simple : si le rendement attendu de vos placements dépasse votre taux hypothécaire, investir est avantageux. Sinon, rembourser l'hypothèque est gagnant. En pratique, plusieurs nuances comptent.
Le rendement de l'hypothèque est garanti
Quand vous remboursez 1 $ de capital sur une hypothèque à 5 %, vous économisez l'équivalent d'un rendement de 5 % certain, sans volatilité, sans risque de marché. Un investissement à rendement « espéré » de 6 % comporte au contraire de la volatilité : certaines années, vous ferez +20 %, d'autres −15 %. La comparaison équitable met donc en concurrence un rendement certain contre un rendement espéré.
Le rôle de la fiscalité
Le calcul change selon le compte dans lequel vous investissez :
- CELI : les rendements ne sont pas imposés, donc 6 % brut = 6 % net.
- REER : la cotisation génère un remboursement d'impôt, mais les retraits sont entièrement imposables. À long terme, l'effet est généralement neutre par rapport au CELI si vos taux marginaux sont stables.
- Compte non enregistré : intérêts, dividendes et gains en capital sont imposables (à des taux différents). Le rendement « net » est alors plus bas que le rendement brut.
Inversement, l'« économie d'intérêt » sur l'hypothèque est après impôt par construction (puisque les intérêts hypothécaires sur la résidence principale ne sont pas déductibles au Canada). C'est ce qui rend le remboursement particulièrement intéressant pour beaucoup de ménages.
Le facteur psychologique
Beaucoup de Québécois choisissent de rembourser plus vite leur hypothèque même quand les chiffres pointent vers l'investissement, simplement pour le confort d'être libre de dette. Ce confort a une valeur réelle : il influence la qualité du sommeil, la flexibilité professionnelle, et la résilience financière en cas de coup dur.
Stratégies hybrides
- Diviser le montant : appliquer la moitié sur l'hypothèque et investir l'autre moitié.
- Maximiser le CELI/REER d'abord, puis appliquer le reste sur l'hypothèque.
- Augmenter les paiements hypothécaires sans rembourser un gros montant d'un coup, pour préserver la liquidité.
- Profiter d'un renouvellement pour reconsidérer la stratégie selon les nouveaux taux.
Limites du calcul
- Composition annuelle : votre hypothèque réelle est probablement composée semi-annuellement (norme canadienne), avec paiements mensuels, bimensuels ou aux deux semaines.
- Pas de fiscalité : ce calculateur ne réduit pas le rendement de placement pour tenir compte de l'impôt sur les comptes non enregistrés.
- Pas de pénalité de remboursement anticipé : un remboursement supérieur au privilège annuel peut entraîner des frais.
- Volatilité ignorée : un seul taux constant masque le risque de séquence.