Comment interpréter les résultats
Trois nombres comptent dans une planification de retraite : le capital que vous aurez accumulé, le revenu que vous voulez en tirer chaque année, et la durée pendant laquelle ce revenu doit durer. Ce calculateur estime les trois à partir d'hypothèses simples.
La règle du 4 %
La « règle du 4 % » est un raccourci popularisé dans les années 1990 : on estime qu'un capital diversifié peut soutenir un retrait annuel d'environ 4 % de sa valeur initiale, ajusté à l'inflation, sur une retraite d'environ 30 ans. Autrement dit, pour un revenu cible de 40 000 $/an, il faudrait environ 1 000 000 $ de capital. C'est une approximation : la règle a été élaborée à partir de données américaines et d'un portefeuille équilibré actions/obligations.
Pourquoi le RRQ et la PSV changent l'image
Au Québec, votre revenu de retraite ne provient pas uniquement de votre épargne. Trois sources publiques peuvent ajouter plusieurs dizaines de milliers de dollars par année :
- RRQ : la rente du Régime de rentes du Québec dépend de vos cotisations. Au régime de base et supplémentaire combinés, elle peut représenter jusqu'à environ 17 000–22 000 $ par année à 65 ans (selon votre historique de cotisations).
- PSV : la Pension de la sécurité de la vieillesse, environ 8 800 $ par année à 65 ans (avant récupération).
- SRG : le Supplément de revenu garanti, pour les retraités à faible revenu.
Si vous prévoyez un revenu cible total de 50 000 $/an et que vous attendez environ 25 000 $/an de RRQ + PSV, il vous reste à financer 25 000 $/an avec votre épargne. Le besoin de capital est donc beaucoup plus modeste qu'on pourrait le croire au premier abord.
Limites du calcul
- Rendement constant : la réalité est volatile. Un mauvais rendement les premières années de retraite (« risque de séquence ») peut vider un portefeuille beaucoup plus vite que la moyenne ne le suggère.
- Inflation non modélisée : 50 000 $ aujourd'hui n'achètent pas la même chose que 50 000 $ dans 30 ans. Pour une planification réaliste, raisonnez en dollars constants.
- Fiscalité du décaissement : les retraits REER/FERR sont entièrement imposables, le CELI ne l'est pas, et un compte non enregistré a une fiscalité intermédiaire (gains en capital, dividendes).
- Espérance de vie : sous-estimer sa longévité est l'un des risques les plus importants. Au Québec, beaucoup de retraités vivent au-delà de 90 ans.
Astuces pour combler un écart
- Augmenter la cotisation annuelle, même modestement.
- Reporter de quelques années l'âge prévu de retraite.
- Considérer le report de la PSV (jusqu'à 70 ans) qui bonifie de 0,6 %/mois.
- Réviser le revenu cible — souvent les dépenses baissent à la retraite (moins de transport, plus d'hypothèque payée, etc.).
- Optimiser le mix REER / CELI / non enregistré pour réduire l'impôt total au décaissement.