Comment interpréter les résultats
La question « salaire ou dividendes » est l'une des plus posées par les propriétaires de PME au Québec. La réponse n'est jamais universelle : elle dépend de votre revenu personnel, du taux d'imposition de la société, de votre besoin de cotiser au RRQ et au REER, et de votre stratégie d'accumulation à long terme.
Principe : l'intégration fiscale
Le système fiscal canadien est conçu autour du principe d'intégration : en théorie, payer un revenu sous forme de salaire ou de dividendes devrait laisser à peu près le même montant net entre les mains du propriétaire. En pratique, l'intégration n'est jamais parfaite : selon le palier de revenu, le taux corporatif applicable, et la province, l'écart peut atteindre quelques points de pourcentage en faveur de l'un ou de l'autre.
Avantages classiques du salaire
- Cotisations au RRQ : vous accumulez des droits de prestation à vie.
- Droits REER : seul le revenu de salaire (et non les dividendes) génère des droits de cotisation REER.
- Admissibilité à plusieurs prestations : RQAP, certains crédits remboursables, etc.
- Déduction pour la société : le salaire est déductible, ce qui réduit l'impôt corporatif.
Avantages classiques des dividendes
- Aucune cotisation sociale : ni RRQ, ni RQAP, ni AE.
- Souplesse : pas de retenues à la source, versement à votre rythme.
- Optimisation du fractionnement avec un conjoint ou des actionnaires admissibles (sous réserve des règles de l'IRF — impôt sur le revenu fractionné).
Stratégie hybride (mix)
En pratique, beaucoup de propriétaires de PME se versent un salaire suffisant pour maximiser le RRQ et les droits REER, puis complètent avec des dividendes. Le salaire d'environ 70 000 $ à 90 000 $ est souvent évoqué comme un seuil raisonnable, mais cela dépend de votre situation.
Limites du calcul
- Pas de gross-up : le crédit d'impôt pour dividendes (déterminés et non déterminés) n'est pas modélisé. Il atténue significativement la double imposition des dividendes.
- Pas de cotisations sociales : RRQ, RQAP et AE peuvent représenter plusieurs milliers de dollars par année.
- Pas de paliers : un seul taux marginal est appliqué, alors qu'en réalité les premières tranches du salaire sont imposées à des taux beaucoup plus bas.
- Pas d'IMRTD : pour les dividendes non déterminés versés à partir de revenus de placement de la société, il existe un mécanisme de récupération qui change l'équation.
Pour un calcul plus précis, vous pouvez consulter les tables annuelles publiées par les grands cabinets comptables ou utiliser un logiciel professionnel comme Taxprep / TaxCycle.